lundi 7 juillet 2008

Travel Angel (www.vivrelejapon.com)

Le Fait
Pour répondre à la demande de ceux qui, bien que ne parlant pas japonais souhaiteraient louer un appartement ou une maison au Japon, le voyagiste Vivre le Japon propose un service original de "travel angel". Choisi pour sa gentillesse, son sens pratique et son plaisir à faire partager la culture de son pays, le "travel angel" ne se contente pas d'accueillir les voyageurs et de leur faire découvrir l'organisation d'une maison traditionnelle japonaise, les commerces et restaurants du quartier, les produits du marché ou le fonctionnement des transports, il reste joignable en permanence grâce au prêt d'un téléphone équipé d'un forfait de deux heures...
L'Analyse
Entre le circuit organisé relativement contraignant et ne laissant que peu de souvenirs forts et le voyage façon baroudeur qui suppose une bonne organisation autant qu'une bonne connaissance de la culture du pays visité, le service du "travel angel" proposé ici ouvre une troisième voie. Celle d'une découverte assistée, mêlant liberté et sécurité, où chacun peut expérimenter à son propre rythme la vie quotidienne et les coutumes de ses habitants. Réponse à l'envie actuelle d'entrer dans la vie des autres pour mieux les comprendre, la proposition d'un "travel angel" par un tour opérateur n'est-elle pas aussi révélatrice d'une nouvelle manière de voyager où expérimenter serait devenu synonyme d'apprendre ?

vendredi 27 juin 2008

Commerce expérientiel

Le Fait
Première nationale, Decathlon a récemment ouvert à Cestas, en Gironde, son Geologic Village, un nouveau concept commercial où les clients peuvent tester tout les produits de chasse et de pêche sur un site de 18 hectares avant de les acheter. 4000 références leur sont ainsi proposées ainsi qu'un étang de 1,5 hectares, un simulateur de pêche en gros, un stand de tir et une chambre froide pour vérifier la résistance de ses vêtements...

L'Analyse
Entre parc d'attractions, laboratoire du futur, show-room et point de vente, le Geologic Village de Decathlon incarne une nouvelle forme de commerce : un commerce expérientiel, tant pour les clients qui ont la possibilité d'essayer dans les conditions du réel le matériel qu'ils veulent acquérir, que pour l'enseigne qui bénéficie là d'une véritable opportunité d'observation de ses clients. Lieu d'achat, puis de découverte, Decathlon mue peu à peu en lieu de pratiques, confirmant à la fois son ambition d'être perçue comme un univers à vivre, et non comme une simple enseigne, et sa volonté de laisser à ses clients la possibilité de tester par eux-mêmes la qualité de son offre. Une nouvelle figure du commerce où les clients serviraient de "cobayes" et le magasin de laboratoire ?

jeudi 26 juin 2008

Couleur histoire (www.bluebretzel.com)

Le Fait
Nouvelle marque française de T-shirts haut de gamme, BlueBretzel ne se singularise pas tant par son offre (des formes classiques, du coton équitable labellisé Max Havelaar) que par la manière dont elle a imaginé sa gamme de couleurs. Sept au total, parmi lesquelles on trouve le "vert de la 2 CV millésime 1976", le "marron des yeux de Mona Lisa", le "gris du caviar Beluga Royal de chez Kaspia", le "framboise du sorbet framboise Bertillon", le "bleu de la planète vue depuis Apollo 17"... Chaque couleur a été déterminée scientifiquement avec une marge d'erreur invisible à l'oeil nu.
L'Analyse
Alors que les marques textiles tentent toutes de se différencier par le choix de leurs imprimés, la créativité de leurs coupes ou de leurs créateurs, BlueBretzel ouvre une voie nouvelle en focalisant l'attention de ses acheteurs sur la couleur. Pas la couleur "signe de mode", celle que l'on recherche le temps d'une saison, mais la couleur "matière", celle qui fait le vêtement, le rend visible, différent et intemporel. Pour BlueBretzel, la couleur d'un vêtement n'est pas seulement le fruit d'une rhétorique publicitaire, mais une incitation à se souvenir car l'histoire qu'elle porte touche à la fois à l'universel et au personnel. Il ne s'agit plus simplement de voir une couleur mais de la reconnaître. Une manière pour la marque d'affirmer une ambition singulière : susciter de l'attention envers ses produits, forme ultime de luxe en ces temps où tout devient invisible à force d'abondance et de rapidité d'obsolescence ?

Antichambre (www.zilok.com)

Le Fait
Inspiré d'eBay, Zilok est un site qui propose à ses abonnés de louer les objets dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. Une idée originale née du constat que nous possédons tous des objets que nous n'utilisons que très peu au cours de notre vie. Pourquoi, dès lors, ne pas les proposer aux autres à la location ? A titre d'exemple, le temps moyen d'utilisation d'une perceuse au cours d'une vie n'est que de douze minutes...
L'Analyse
Proposition à la fois inédite et pleine de bon sens, zilok.com apparaît sur le net au moment où un nombre croissant d'individus éprouve l'envie de rompre avec les habitudes suscitées depuis plus de cinquante ans par la société de consommation. Ici, ce n'est plus la possession, voire l'accumulation qui motive, mais seulement l'usage. L'acheteur, mû par des envies de produits, laisse place à l'utilisateur, agi par un strict besoin ponctuel de service. Une évolution qui, loin de signifier un rejet des marques et de leurs produits, leur ouvre au contraire de nouvelles opportunités de contact. La location permet tout d'abord aux consommateurs de mieux connaître une marque à travers la diversité de son offre. Elle leur permet aussi de se familiariser avec les dernières innovations technologiques... avant de se décider à les acheter. Fort de l'intuition que la location peut se révéler être "l'antichambre" des décisions d'achats, les marques ne pourraient-elles pas opportunément l'intégrer à leurs stratégies de communication ?

lundi 23 juin 2008

Intern'aide (http://www.netgranny.ch/)


Le Fait
Une société suisse spécialisée dans les vêtements "tendance" et personnalisables, Tarzan, a eu l'idée de vendre en ligne des chaussettes de laine, modèles uniques, tricotées à la main par un collectif de quinze grands-mères. Après s'être rendu sur le site netgranny.ch, les internautes n'ont plus qu'à choisir une grand-mère parmis les quinze disponibles et lui demander de leur tricoter une paire de chaussettes à partir des motifs proposés. Les indécis peuvent décider de laisser "quartier libre" à la tricoteuse... Comptez environ deux semaines entre la commande et la livraison.

L'Analyse
Aussi anecdotique, original et inattendu soit-il, le site netgranny.ch n'en est pas moins une parfaite illustration de la manière dont le net peut contribuer à modifier le monde réel. Avec netgranny.ch, des populations que tout oppose (les jeunes technophiles branchés et les seniors isolés) peuvent non seulement se contacter, mais aussi entrer dans un monde relationnel mêlant création et commerce où le savoir-faire des unes est mis au service de la quête d'authenticité et de créativité des autres. Première conséquence : une activité réputée désuète, le tricot, devient moderne, voire branchée, grâce à l'intermédiation du site. Seconde conséquence : plus que la marque, la qualité des fils ou le produit lui-même (de simples chaussettes), c'est ici son origine et l'histoire qui lui est associée qui importent et agissent comme facteurs de différenciation. Média inter-communautaire, le net ne peut-il pas aussi être un média inter-générationnel ?

mercredi 18 juin 2008

Music Live (www.blogotheque.net)

Le Fait
Après les "Concerts à emporter" qui consistent à inviter des artistes à se produire en acoustique dans des endroits insolites et à les filmer en longs plans séquence avant d'en diffuser les images sur le net ou un iPod, voici désormais les "City series", un tour de France qui permet de découvrir cinq ou six artistes d'une même ville filmés selon les mêmes principes. Deux idées originales imaginées par la Blogothèqe pour faire découvrir et assurer la promotion de nouveaux talents musicaux.

L'Analyse
Initiatives originales, les "Concerts à emporter" et les "City series" proposées par la Blogothèque viennent autant répondre à l'évolution de l'industrie musicale qu'aux attentes d'un public désireux de s'éloigner des productions artistiques traditionnelles trop formatées. Ici, l'important est de créer de l'insolite pour affirmer sa présence. D'où l'idée de se produire dans des lieux inattendus, même s'ils ne sont pas toujours propices à une bonne écoute. Il est aussi de ne pas rechercher des effets de scène ou la perfection dans la réalisation pour mieux laisser le réel prendre part aux images. D'où le choix délibéré de se produire dans des conditions minimales et de laisser les bruits alentours interagir avec les prestations musicales. Deux partis pris de mise en scène du réel comme gages de plus de spontanéité et de plus d'authenticité?

mardi 17 juin 2008

L'OEIL LASER 2008: le livre qui bouleverse les tendances

L'Oeil Laser a rassemblé 63 événements marquants de l'année, organisés autour de 5 thèmes:
- La ville 2.0
- De nouvelles manière d'être ensemble
- Consommer pour ressentir
- Le commerce réinventé
- La marque engagée
Le principe est simple: une page, un fait, son analyse.
François de Singly, sociologue, professeur à l'université Paris Descartes, dans une synthèse globale de ces faits, dégage les grandes tendances pour l'année 2008.

L'OEIL LASER 2007: propos recueillis dans Libération

"Armées d'un pied-de-biche, les marques s'infiltrent aujourd'hui sur des marchés qui ne sont pas les leurs, entrent par effraction là où elles ne sont pas attendues, sortent du cadre en forçant les coins. Bienvenue dans le marketing interstitiel, celui qui fait naître l'étonnement de l'entre-deux. [...] Pas toujours facile de s'y retrouver. Les repères traditionnels se brouillent, les identités glissent.

L'approche interstitielle n'est qu'une approche marketing parmi d'autres. Son intérêt est d'abord de favoriser l'expérimentation par les marques de nouvelles approches et de contribuer, ainsi, à leur donner une part d'incomparabilité. Il est aussi de contribuer à modifier notre vie courante et la manière dont on la perçoit.

Notre futur est en gestation dans notre quotidien. Apprenons à ouvrir l'oeil."

© Libération, 2007.